Groove
Instrumental

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J’ai choisi ce mois ci de vous présenter David Axelrod. Si vous ne connaissez pas son nom, sa musique ne vous est en revanche pas complètement inconnue puisqu’il a fait le bonheur de certains artistes comme DJ Shadow ou Dr Dre qui en samplant l’un de ses morceaux The edge, a concocté le hit interplanétaire the Next episode. Cet homonyme du conseiller de Barack Obama est un compositeur, arrangeur et producteur américain né à L.A en 1936. Ses 2 premiers albums sur le label Capitol records, « song of innocence » (1968) et « songs of experience (1969) » en hommage à l’oeuvre du peintre William Blake demeurent pour moi une vraie leçon de musique contemporaine.

Érudition Musicale

Tout commence lors d’un dimanche pluvieux où je m’étonne de trouver une boutique de disque ouverte près de la mairie du 18ème en pleine après midi. Un couple de quinquagénaire m’accueille en me saluant. Lui puis elle répondent aux questions diverses et variées que leur posent des clients à propos de tel disque de jazz, tel pressage original de Mandrill ou tel album de Zappa! Ils ont réponse à tout ces deux là! Leur érudition musicale m’énerve presque! Mais leur modestie et la petite flamme
qui brille dans leurs yeux ne me laissent pas indifférent!
C’est bien la passion qui anime ce couple et qui les rend si beaux quand ils parlent des disques qu’ils ont vu passer entre leurs mains avec la même énergie que s’ils avaient bu un verre avec Pastorius ou fumé un joint avec Bob Marley.

Tandis que je parcours les bacs sans trop de conviction, je happe au passage des bribes de conversation. « Ecoute ça! la réédition vient de sortir en cd pour l’instant… » moi je m’en fous du cd! je veux du vinyle bordeeeeel!!!

Visionnaire since 1969

Et ça part! Un groove instrumental aux accents cinématographiques avec des sonorités clairement ancrées dans les années 70. Des cuivres puissants rivalisent avec des cordes qui prennent aux tripes. Et les morceaux s’enchainent, ils ont l’éloquence d’une B.O de film! Mais ce n’en est pas une, même si ce monsieur semble n’avoir rien à envier à Lalo Schiffrin à qui l’ont doit les excellentes B.O de la fureur du dragon ou de mission impossible. David Axelrod dès 1969 est il déjà un visionnaire quand sans complexe sa musique emprunte au funk, au rock aux accents parfois un peu psychés, au funk à la soul et même à la musique classique?
Est il l’un des pères spirituels d’un Jamie XX qui a su digérer les genres musicaux de son époque pour créer sa propre musique? Songs of experience survole les genres et ces variantes musicales semblent faire écho à la palette des diverses émotions humaines, tout cela concentré sur 8 plages.
Les morceaux déroulent un à un, se suivent mais ne se ressemblent pas et la cohérence de l’ensemble est néanmoins tellement savoureuse! Tantôt oppressant, tantôt mélancolique, cet album de David Axelrod me scotche dans cette boutique où j’étais censé faire une escale rapide comme pour simplement honorer un bon vieux rituel de passionné.
Je découvre avec ce compositeur californien l’essence même de ce qui m’a fait aimer le rap new-yorkais des années 90 et le trip hop de Bristol. Cette mélancolie ou cette gravité qui donne à ses compositions la profondeur qui en général me touche dans la musique. Pas étonnant si ces artistes que je kiffe comme le DITC , Pharahoe Monch ou DJ Shadow l’ont allègrement samplé!

J’ai donc acheté mon premier CD de David Axelrod, songs of experience y’a 11 ans déjà, et s’il est aujourd’hui le sujet de ma rubrique, c’est qu’il me rappelle tant le sujet de ma chronique précédente, j’ai nommé Mister Jamie XX, David Axelrod a signé chez Capitol en 1963 et pousse aussitôt le label à promouvoir les artistes noirs.
Il produit l’album « live at the club » de Cannonball Adderley en 1967, avec qui il continuera à collaborer jusqu’en 1975, année de la mort du saxophoniste. En 1970, son 3ème album inspira peut être Jamiroquaï qui mit son talent d’artiste à contribution de son activisme écologique. Earth Rot (1970) dénonce en effet la pollution et la dégradation de l’environnement et me conforte dans l’idée que l’avant gardisme de cet artiste va bien au delà des frontières musicales.
Je vous invite donc à découvrir ou redécouvrir ce génie des années 1970 pas assez reconnu et qui demeure une référence incontournable de la culture hip hop et des ses dérivés.

Voici quelques-uns de ces chefs d’oeuvre:

Holy thursday samplé par tant de monde qu’on ne pourrait les citer tous: Fat Joe, Artifacts, Pete Rock, Lord Finesse ou même Lil Wayne…

The Edge :

A Divine image:

Petite note: Gil Scott Heron, artiste auquel j’ai fait référence lors de ma 1ére chronique parce qu’il qui avait vu son dernier album remixé par Jamie XX nous a quitté le 27 mai dernier! Rest in peace!!!

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