La
Fleur et la Bombe

Written by Claire, 6 années ago, 0 Comments

Arnaud Rabier Nowart est un street artist de la première heure. Van Gogh du Posca et de la bombe, il joue avec les couleurs, les matériaux sur toile ou sur mur pour donner vie à des fresques épatantes humaines et positives. Surtout connu (et reconnu) pour ses fleurs rondes, ces ‘flowers powers’.

Parcours d’un pionnier du street art, qui en passant par l’accrochage de son expo ‘De Van Gogh à Nowart : des Flowers et des Hommes’ m’a donné une belle leçon d’histoire du graffiti mais aussi un moment passionnant de découverte humaine. Un artiste poète qui écoute sa générosité.

Photo Philippe Bonan

L’origine selon Nowart

De mémoire le premier graff qu’il ait vu, à l’émission de danse de Sydney ( H.I.P H.O.P – prononces hachipéhacheHopé – ) , une performance en live de Futura 2000 à côté de tableaux de Keith Haring. C’est ce bonhomme rond de Haring, que gamin, il reproduit sur les trains avec le Z de la Zulu nation pour ses débuts.

Un style ‘Chelou’ pour un Graffeur

Le bonhomme de Haring va devenir visage puis portrait. Ces personnages freestyle choquent les graffeurs, qui eux favorisent les lettrages… Et lui valent quelques vannes. Dans le contexte, On est aussi à un passage entre graffiti et Street art, deux tendances qui utilisent le même média mais avec des codes différents, deux mouvements naissants en recherche de leurs repères.

Top de spots

Ces divergences d’opinions n’empêchent pas Arnaud de se lancer dans ce qui va devenir sont kiff : Graffer dans les usines désaffectées, avec jusqu’à 20.000m2 de surfaces de spots. Occasion aussi de peindre avec des potes comme 2rodé ou de rencontrer d’autres peintres.

Changement de Blaze, Arno devient Now Ose

L’autre dada d’Arnaud c’est la vidéo. Il participe en 1991 en tant que Conseiller technique, peintre déco et Coach Tag (unique dans l’histoire du cinéma!) au tournage de IP5 de Jean-Jacques Beineix, Histoire facon road movie, d’une rencontre entre un jeune grapheur urbain, amoureux et talentueux et un vieil homme en osmose avec la nature, interprèté par Yves Montand (qui lui dit l’avenir c’est vous !!!).

Tourner la page blanche, super flower

La rencontre avec un personnage à la fois inquiétant et cohérent dans son incohérence, Bernard le ouf, écrit la page blanche d’Arnaud. De cette année au vert, jaillit l’idée de super flower – la marguerite d’hiver. Pendant l’hiver 2002, la marguerite qui survie au froid sur son balcon, et sort malgré les intempéries, la lutte de la vie, incarne le germe du flower project.

En décembre un happening improvisé, sorte de land-art écolo, sur une plage des calanques de Marseille avec des détritus mélangés à des fleurs rejetés par la mer, obtient le soutien des passants amusés.
Arnaud raconte : »Durant trois jours, j’ai recyclé tous les détritus refoulés par la mer suite aux tempêtes, en installations «fleur», symbole naturel de pureté. Certains enfants et promeneurs sensibilisés par l’action menée ont participés en y mettant leur …touche. Les œuvres réalisées ont été ensuite photographiées, ramassées puis mises dans des sacs poubelle, eux-mêmes retransformés en une installation «fleur». Pour finaliser le processus et laisser une plage propre, le tout a été mis à la benne »

Sur les traces des Zulus

Arnaud peaufine le concept, avec une générosité sans frontière. En 2003, il prend la route de Soweto, pour rejoindre le quartier historique de Kliptown (c’est là qu’a pris fin l’apartheid en Afrique du sud) . Il part à la recherche des racines du mouvement Zulu. Voyage spirituel, et aussi désintéressé : sur place il offre leurs portraits aux habitants du quartier ou vient peindre gratuitement les façades des maisons, pour aller recouvrir de jusqu’à 300 fleurs des murs du bidonville. Là bas, il se fait appeler flowerman.

A partir de là, les voyages se succèdent avec le même but : peindre des fleurs. Comme au Chili, où Arnaud est surnommé docteur Flower House, là une famille victime d’un drame demande à Arnaud en hommage aux parents décédés, un mur REST IN PEACE. Ou la rencontre quasi instantanée avec un musicien et sa famille à son arrivée dans le quartier de Ouakam, à Proximité de Dakar au Sénégal. Aussi simple que ‘bonjour’ dans un lieu ou tout le monde est accessible, il sème des fleurs à tout vent …Comme le dit la matriarche qui l’héberge à Ouakam : « Une maison sans fleur est une maison sans enfant ».

et Van Gogh alors ?

Un hasard n’arrive jamais seul et Arnaud ne croit pas au hasard. Une série de signes le rapproche du peintre à l’oreille coupée, qui distinguent et tracent son histoire de l’art, selon ses signes personnels. Ces coïncidences, qui vont de la ressemblance physique, à la proposition d’interpreter le rôle du personnage de Van Gogh dans une troupe, en passant par la fréquentation des mêmes lieux de peintures et d’habitations poussent l’inspiration et avec humour et poésie Arnaud les retrace dans son exposition jusqu’au 1er juillet, à la galerie Celal dans le 1eme arrondissement.
le reportage de Scarlet Do Duc établi le rapport entre Vincent et Arnaud, avec des Interviews

Ce chaleureux reportage de Jean-Claude Fraicher témoigne de l’ambiance du vernissage de l’exposition !


et quelques photos des créations du vernissage


Arnaud Rabier Nowart on ligne :
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About Claire

Je suis Directrice Artistique, Designer avec du gallon & de l’expérience formée dans les agences de publicités et de communication. Je me suis rodée aux méthodes marketing, à l’appel du ‘brief’, du ‘pitch’ et de la ‘reco’ dans ma spécialité media : Internet. ... Tout ça, pour laisser les yaourts et la lessive derrière moi et en revenir à 2 points essentiels, les créatifs et leurs talents, la créa, la vraie.