Immersive
Interview

Written by Claire, 6 années ago, 0 Comments


Dilshan Arukatti, est un directeur artistique et motion designer passionné par les idées et là où elles le mènent. Créatif déterminé et complet, son portfolio, immersive-garden, montre l’étendu de son talent. Alliant sound-design, animation vidéo, graphisme et interactivité il nous offre un moment d’éternité et d’émotions. Regards sur le parcours d’un créatif moderne et qui suit son inspiration.

Step by step : Webdesign

Avant ses études supérieures, Dilshan est déjà attiré par Internet. La possibilité de raconter des histoires, en jouant avec flash, l’animation et l’interactivité le passionne. C’est cette orientation qu’il choisit en intégrant l’École Multimédia et sa toute récente classe préparatoire Vocation Graphique en 2004 avec plus un profil d’autodidacte que graphiste.Ce cursus prépare aux métiers artistiques dans une spécialité choisie pour 3ans, et s’est ouvert en 2002.

Dilshan trouve ses marques avec les profs de l’École, tous intervenants extérieurs, confrontés aux problématiques design, et graphistes de métier. Il acquiert avec eux les bases de la réflexion en termes de graphisme. Très vite il comprend que c’est un métier passionnant avec des contraintes : auto-formation permanente, ce qui induit beaucoup de temps de préparation, d’apprentissage, d’observation… ce aussi bien sur la partie technologique que sur la partie Graphisme.

En coup de vent aux Gobelins

Une fois son diplôme en poche, une grande porte s’ouvre à lui : celle de la fameuse École des Gobelins. Seulement, il ne se retrouve pas dans l’apprentissage technique, par rapport à la création, moins expérimentale qu’attendue. Il mesure que cette orientation n’est pas forcément celle qu’il souhaite.

Dilshan selon toi, quelle orientation choisirais tu pour faire ton métier aujourd’hui ?

Dilshan Arukatti :  » Il m’arrive de recevoir des mails de débutants qui me demandent vers quelles études ils doivent s’orienter pour être DA ou d’apprendre tels ou tels logiciels. Les études c’est très bien pour développer des démarches de réflexions créatives, d’expérimenter des idées, d’avoir des cours de typos, de dessins pour apprendre à analyser et interpréter, d’être initié aux logiciels …

Mais il est possible que cela ne suffise pas pour en faire votre métier, même si vous êtes diplômé !
En effet il est nécessaire en parallèle de constamment développer votre culture visuelle en se tenant informé de ce qui se fait de mieux en design, motion, webdesign, d’exercer votre œil pour comprendre parfaitement les codes graphiques modernes pour mieux rebondir dessus, de produire tant que possible des travaux personnels pour progresser. Beaucoup ne le font pas et abandonnent. Il est nécessaire d’être passionné par ce qu’on fait si l’on veut évoluer rapidement. Les logiciels sont à la porté de tous, il suffit de se plonger avec courage dans les milliers de tutos qu’il y a sur le net. On peut acquérir très rapidement la technique.

Pour être honnête, dans beaucoup de cas, le diplôme importe peu, même si vous passez par les plus prestigieuses écoles… rien ne remplacera un bon book. La plus part des agences ou studios vous le diront, ils accordent autant d’importance aux candidatures autodidactes qu’aux diplômés d ‘écoles à partir du moment où votre book tiendra la route.
C’est une des particularités de ce métier ou la personnalité « graphique » de l’individu prime sur le reste.  »

Esprit d’agence

En l’espace d’un week-end il laisse son statut d’étudiant de côté pour activer celui de Directeur Artistique web freelance en agence et commence officiellement sa carrière dans la publicité.
Là aussi il se heurte aux limites des projets. Dans cette agence de pub, les délais de réalisation sont très courts, parfois ne dépassent pas 3 jours.

Sa Bonne culture du web , déjà acquise en arrivant en agence de publicité, l’amène à connaitre ce qui se fait de mieux sur la toile, en termes de design, et son objectif, c’est de rentrer dans ce palmarès, de réaliser des expériences interactives immersives en ne négligeant aucuns détails, pas de bricoler ou de bâcler son intervention.

Freelance time !

Après quelques mois de ce rythme, il se lance à son compte. Au delà de la passion pour son job, de l’implication qu’il y met, il y a partout cette exigence de qualité.
‘Parce que c’est pour ça que l’on me contacte !’ Me glisse-t-il en souriant .
En effet cette marque de fabrique sur la qualité des rendus, cette exigence de qualité, lui apporte respect de ses paires et demandes de clients .
Néanmoins, l’exigence de qualité il l’a par rapport à lui-même.  Sont présentés à ses clients seulement les travaux dont il est fier, en somme il est plus exigent qu’eux.

Qualité qui a ses revers puisqu’il ne peut pas décevoir en étant moins bon que ses réalisations précédentes …
Qui dit Freelance ne signifie pas seul perdu devant son ordinateur. Il est important de savoir que Dilshan ne travaille pas seul et fait malgré tout beaucoup de gestion de projets (free-lance oblige). Coté équipe il choisit les profils en fonction de l’importance de son projet.

Ses clients sont plutôt hors de l’Europe, principalement aux États-Unis, déjà prêt, eux, à travailler à distance en appréciant et mesurant l’impact du design sur leur réputation.

High motivation

Décrocher une récompense se mérite : c’est le gain d’une équipe, de la part du Directeur Artistique de vouloir se dépasser, du développeur d’essayer de nouveaux concepts, du chef de projet de défendre le projet sans se laisser aller. Esprit graphique fort que l’on retrouve chez des freelance ou de petits studios de création. Si le goût de raconter des histoires à travers des compositions digitales lui vient certainement du Cinéma, l’influence du cinéma d’animation, ou des jeux vidéos dans sa réflexion est indéniable. le studio de site qui lui a donné envie de devenir webdesigner : 2advanced.com.

… & Une émotion voire des émotions

Côté inspiration, si le cinéma reste une source inépuisable, et notamment Tim Burton, – dont les univers marqués empreint d’une atmosphère si particulière presque palpable, se retrouvent dans les travaux de Dilshan, c’est surtout dans la manière de retranscrire une émotion qui le travaille. Les scènes peuvent passées en boucle pour comprendre comment retranscrire une émotion en jouant avec les sonorités, l’ambiance musicale… Tant la part du son est importante, et complémentaire de l’image. Le métier de motion-designer regroupe aussi bien des talents de designer de graphisme de sound-designer d’animateur et de réalisateur pour donner à ressentir. Il s’amuse aussi, à imaginer les images qui coïncident avec la musique qu’il écoute.

la technologie au service de la créativité

Une phrase qui semble logique et qui reviens souvent chez les créatifs numérique : l’importance de ne pas dépendre des ses connaissances techhniques pour créér. Le ‘out of box’ que mentionne l’équipe de Plus one.
Le soucis du détails qui tue chez Dilshan, l’apport d’un élément complémentaire stimule l’imagination du spectateur.

L’idée en tête

Sa méthode est simple, mais efficace : il ne lâche pas une idée sous prétexte qu’il ne connait pas la méthode pour la réaliser. Si l’idée est bonne il va se donner les moyens de la mener à bien : il apprend la technique, teste, jusqu’à aboutir au résultat qui le satisfait et qui correspond à cette image mentale.

Better Faster Stronger

La conception et réalisation du site web  de l’agence de Washington DC Bullitt, un pas vers la réussite pour un motion designer français?
Actualité fraiche de Dilshan (en team avec Sylvain Train aux manettes du développement qui a largement contribué au succès du site) avec un terrRRrrible teaser en motion design, le travail énorme sur le portofolio en ligne de la webagency Bullitt lui a valut de décrocher un quatrième Fwa…


Un pied dans le cinéma

En cours de réalisation actuellement une série d’animations pour jeune studio de production de cinéma hollywoodien (je ne vous dirais pas son nom c’est top secret). Vers une autre web-récompense ?

Dilshan Arukatti Online


Immersive garden, le portfolio de Dilshan marque le web depuis 2 ans, j’aborde ici ses 3 aspects les plus marquants : Interactivité, Stratégie et Design/Motion. Primé au FWA*, relayé par la boucle du design sur internet, ce réseau dans le réseau l’a pour ainsi dire porté en étendard comme une réussite du design moderne.

Stratégie

Le portfolio idéal pour un freelance est celui qui non seulement fait parler de son créateur, mais aussi lui apporte des clients. Une carte de visite haut de gamme donc, puisqu’elle permet à Dilshan d’etre contacté ‘worldwilde’. En effet la moitié de ses clients viennent de l’étranger et le contactent surtout via la page dédiée de FWA.

Interactivité


Immersive garden fonctionne comme une invitation a découvrir un univers, en subtilité. La construction de la navigation du site est instinctive, légère, et plonge dans une expérience à renouveler, à travers des boutons en fondu lumineux : une invitation à découvrir le site…

Design, motion & son


Un voyage irréel et pourtant concret dans l’univers de Dilshan, une atmosphère délétère et palpable. Un juste mélange d’animation, un subtil décalage entre notre monde et un autre, fantastique, le tout en vie …
Voilà ce que je peux ressentir quand je surfe sur immersive-garden. Plus qu’un site, c’est une ambiance, le thème du film Big Fish par XXX, balance dans de l’apaisement, de la découverte … et redécouverte à chaque passage.
Je vous invite à faire ce voyage.

*Fwa, (Favorite Website Awards) Site Phare des initiatives en matière de Webdesign. Conçu et lancé en mai 2002, il récompense les meilleurs designs, site du jour du mois et de l’année. Cette récompense est précieuse, puisqu’elle donne droit à une page dédiée sur le site, consulté par tous les professionnels du milieu.

About Claire

Je suis Directrice Artistique, Designer avec du gallon & de l’expérience formée dans les agences de publicités et de communication. Je me suis rodée aux méthodes marketing, à l’appel du ‘brief’, du ‘pitch’ et de la ‘reco’ dans ma spécialité media : Internet. ... Tout ça, pour laisser les yaourts et la lessive derrière moi et en revenir à 2 points essentiels, les créatifs et leurs talents, la créa, la vraie.