Vhils,
Contre Sculpture

Written by Claire, 5 années ago, 0 Comments

Photos © Philippe Bonan

Et si Vhils, Aka Alexandre Farto, avait apprécier notre papier sur lui (Exploding Vhils) et répondu à nos questions sur son parcours ?
Découverte sous forme d’interview (une fois n’est pas coutume!)  de son parcours, sur le terrain du contre pochoir et de la contre sculpture.
Créativement traduit de l’anglais par Béatrice Bocard, et illustré des photos de Phil Bonan lors du passage de l’artiste à Paris.
Pour les anglophones l’original  suit la VF.

DA : Quel est ton background culturel ?

Alexandre Farto

Je suis Portugais ; je suis né à Lisbonne en 1987. J’ai grandi en banlieue, à Seixal, sur la rive gauche du Tage, en face de la capitale, à une époque où le pays tout entier subissait de profonds changements. Un jour, je suis tombé sur des graffitis et cette découverte a contribué à déterminer ma vie.

DA : As tu suivi des études d’arts? Et lesquelles ? Ou tu es plutôt autodidacte ? As tu eu un « parrain » ?

AF

J’ai étudié le dessin au lycée, au Portugal, puis les beaux-arts au Central Saint Martins College of Art and Design, à Londres, où j’ai obtenu le diplôme. Mais c’est le graffiti qui m’a ouvert les portes du monde de l’art. J’ai commencé très jeune et, avant que je possède une véritable connaissance de la peinture ou des arts en général, c’est mon intérêt pour le graffiti qui m’a amené à me tourner vers des formes d’art plus classiques. J’ai réalisé beaucoup de choses par pure expérimentation, que ce soit avant les Beaux-arts ou pendant. En ce sens, je devrais dire que je suis essentiellement un autodidacte, mais j’ai toujours été attentif aux conseils des autres. J’ai eu la chance de bénéficier du soutien d’un grand nombre de personnes au fil des ans. Au début, je n’avais pas de mécène, mais j’ai eu des amis, des galeristes et des collectionneurs qui ont joué le rôle de véritables mécènes pour moi.

Tu as créé un concept personnel, qui a inspiré le mouvement du CleanTag, comment as tu découvert cette méthode technique ? D’où viens le déclic à l’origine ?

Après avoir fait partie du noyau dur de la scène graffiti pendant quelques années, j’ai commencé à explorer de nouvelles techniques, à prendre de nouvelles directions et essayer le pochoir.

Un jour, j’ai compris qu’on pouvait inverser le processus et qu’au lieu de créer une œuvre en superposant des couches, on pouvait créer des compositions en ôtant ces mêmes couches.

Au Portugal, il y a des affiches dans la rue qui ont été collées sur de plus anciennes et forment très souvent d’épais amalgames qui m’ont toujours fasciné. J’avais beaucoup réfléchi aux concepts de vandalisme et de destruction par rapport au graffiti et au bombage. J’étudiais des techniques et des outils plus abrasifs pour parvenir à combler le fossé entre le pochoir et le vandalisme du graffiti.
J’ai pensé que ces amalgames d’affiches feraient d’excellentes toile, que je pouvais aussi les sculpter et créer d’autres images en enlevant les différentes couches qui les composaient. Cela m’a ouvert une voie entièrement nouvelle.

J’ai également pris conscience que ces couches évoquaient de façon symbolique une histoire oubliée, les nouvelles affiches recouvrant les anciennes et reflétant les changements rapides que subit la vie en milieu urbain.

C’étaient les fossiles vivants de notre culture visuelle contemporaine ; les sculpter revenait à pratiquer une forme nouvelle d’archéologie symbolique. De fil en aiguille, j’ai compris que la même chose pouvait s’appliquer aux murs, qui étaient encore davantage empreints d’histoire. C’est là que j’ai commencé la série « Scratching the Surface », dont j’ai présenté la première pièce à Lisbonne en 2007. Elle repose entièrement sur l’idée de pochoir à l’envers et sur le concept de destruction créatrice.

Y a t il des musiques sur lesquelles tu composes ?

J’écoute de tout… du fado au gangsta rap, de l’électro à la country, du jazz éthiopien à la soul des années 1960, de Frank Sinatra à J Dilla…

Quels sont les artistes qui t’inspirent ? Et les as tu rencontrer ?

Beaucoup de gens m’inspirent, et pas seulement des artistes.
J’ai d’abord admiré des graffeurs purs et durs qui étaient à Lisbonne ; j’ai fini par en rencontrer certains avec qui je suis devenu ami. Des crews (équipes) de graffeurs présents à Lisbonne tels que GVS, R1, 3D, 2S, LEG, 1003PV étaient des références importantes pour moi à mes débuts, comme EWC en Pologne, SDK en France, et beaucoup d’autres à travers le monde, que je voyais dans les magazines, des films, sur des sites Internet, etc.

Le travail et l’état d’esprit de Banksy ont contribué à me montrer une nouvelle voie en matière de concept et ce que l’on pouvait explorer en art urbain. Il y a trop d’artistes à citer, mais en voici quelques-uns : Gordon Matta-Clark, Katherina Grosse, Blu, Os Gêmeos, JR, Conor Harrington, Word 2 Mother, NeckFace, Faile, Gaia, Barry McGee, parmi beaucoup d’autres. J’ai rencontré la plupart d’entre eux, mais certains, tel Gordon Matta-Clark, ne sont plus parmi nous.

Vhils, Alexandre Farto

WWW : www.alexandrefarto.com
Galerie Magda Danysz (Paris)
Galerie Vera Cortès (Lisbonne)

English Version

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DesignerAverti : what is your cultural Background ?

Alexandre Farto :

I’m Portuguese, I was born in Lisbon in 1987 and grew up in the suburb of Seixal on the south bank of the Tagus river, across from the city, at a time the whole country was undergoing vast changes. One day I came across graffiti, and that encounter helped define my life…

DA : Did you make arts studies? And if yes what kinds ? Or are you self made man ? Have you got a ‘parrain’ ?

AF

I studied arts in secondary school in Portugal and then took a degree in Fine Arts at Central St Martins School of Art and Design in London. But my introduction to the world of art was made through graffiti – I started at a very young age, and before that I had no real knowledge of painting or art, it was my interest in graffiti that led me to become interested in more conventional forms of art. Much of what I have achieved has been through pure experimentation, whether before or even during art school, so in that sense I would have to say I am mostly a self-made man, but always open to other people’s advice and guidance. I have been lucky enough to have many people who supported and helped me along the way. I didn’t have a patron in the beginning, but I’ve had friends, gallerists and collectors who have been true patrons.

You own a typical concept, that inspired clean tag mouvement, how did you get to that method ?
What is the ‘declic’ that launched you on that way ?

After being involved in the hard core graffiti scene for a few years I started becoming interested in exploring new techniques and move on to new directions and began experimenting with stencils.

One day I realised that you could reverse the process and instead of creating by adding layers, you could create compositions by removing those same layers.

In Portugal you find poster ads in the streets that have been pasted over older ones and in many cases these create very thick compounds, which had always fascinated me. I had been thinking a lot about the concepts of vandalism and destruction in connection with graffiti and bombing and was looking into more abrasive methods and tools to work with, and somehow bridge the gap between stencilling and graffiti vandalism. It occurred to me that those amalgamations of posters would make an excellent canvas – I could carve them and create images by removing the layers that composed them. This opened up a whole new direction.

I also realised these layers symbolically spoke of a forgotten history, as the new posters covered the older ones, mirroring the fast changes which life in the urban environment is subjected to.

These were living fossils of our contemporary visual culture; carving them was like practicing a new type of symbolic archaeology. One thing led to another and I soon realised the same could be applied to walls, which were even more steeped in history – I started the Scratching the Surface series and presented the first piece in Lisbon in 2007. It is all based on the idea of reverse stencilling, and the notion of creative destruction.

On which musics do you create ?

Everything. Literally everything
Anything goes…from Fado to Gangsta Hip Hop, from Electro to Country Music, From Ethiopian Jazz to Soul from the 1960s, from Frank Sinatra to J Dilla…

Who are the artist that inspire you? Did you met them ? (In case of contemporary)

I’m inspired by many people, not only artists. I first started admiring hard-core graffiti writers who were up in Lisbon, some I eventually met and became good friends with. Graffiti crews active in Lisbon such as GVS, R1, 3D, 2S, LEG, 1003PV, were big references for me when I started, and also EWC from Poland, SDK from France, and many others from around the world who I got to see in magazines, films, websites, etc. Banksy’s work and attitude was instrumental in showing me a new direction in terms of concept and what was possible to explore in urban art. There are too many artists to mention, but to name a few: Gordon Matta-Clark, Katherina Grosse, Blu, Os Gêmeos, JR, Conor Harrington, Word 2 Mother, NeckFace, Faile, Gaia, Barry McGee, among many others. Most of these I have met, while others such as Gordon Matta-Clark are no longer around.

Vhils, Alexandre Farto

Online : www.alexandrefarto.com
Galerie Magda Danysz (Paris)
Galerie Vera Cortès (Lisbonne)

About Claire

Je suis Directrice Artistique, Designer avec du gallon & de l’expérience formée dans les agences de publicités et de communication. Je me suis rodée aux méthodes marketing, à l’appel du ‘brief’, du ‘pitch’ et de la ‘reco’ dans ma spécialité media : Internet. ... Tout ça, pour laisser les yaourts et la lessive derrière moi et en revenir à 2 points essentiels, les créatifs et leurs talents, la créa, la vraie.